LLouis

Portfolio

LAYOSH #1974

Notre homme est né à Budapest.
Il avait 8 ans quand les chars Russes lui ont piétiné les basquets.
Seul refuge pour notre jeune Hongrois, la musique et la fuite.

Quitter les Russes pour tomber sur moi, pas sûr qu’il ait gagné au change.

Toujours est-il que notre homme, coincé entre vodka et paprika avait une collection de bootleg impressionnante.
Les LP des Beatles, Elvis, Stones reproduit sur des radiographies volées dans les hôpitaux.
A qui un rein, à qui un poumon et en mono s’il vous plait.

Layosh a tout décortiqué des années durant, les guitares de James Burton, celle de Keith évidemment, sans se douter qu’il jouait en accord ouvert et sur cinq cordes.
Bonjour les écarts sur le manche.
Essayé Honky Tonk Woman ou Brown Sugar guitare accordée normalement …. Ca sonnera comme téléphone.

Il jouait du clavier aussi et m’a appris, une après l’autre, toutes les voix des choristes d’Elvis, celle des Beatles évidemment, et nous avons découvert cette façon toute particulière d’harmoniser que Keith utilise pour faire briller son patron.
Pillage en règle des choristes, Keith connait les eaux poissonneuses.

Layosh a vraiment souffert, il n’était pas construit pour durer.
La nuit, il nettoyait les cuves à Houblon, dans les brasseries industrielles Bruxelloise.

On a fait pas mal de concert, seul lui était satisfait des recettes.
Sorti du zloty et de la rouble, tout lui était or.

Dans son bouge, quand nous étions tous les deux miséreux, il m’aura cuisiné quelques Goulasch maison, pimentée à s’arracher les couilles.
La misère a quelques avantages, rarement.

Fin des années 1970, il connaitra son heure de gloire, en rejoignant un groupe de bal belge, au prestations rentables, les Eagles.
A ne pas confondre avec les volatiles Américains, mais pour Layosh, l’Amérique c’était la Belgique et Joe Dassin.

Un jour, je passais par la Belgique, dans les années 80, on m’a dit qu’il était mort.
Une goulée de goulasch de trop sans doute.
Longue mort à toi, et à un de ces jours.

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