LLouis

Portfolio

LLOUIS #2014

Musicien anonyme, je ne n’y touchais plus, effrayé par la rechute.

Tout ne me plait pas dans ce job, loin s’en faut.
Les hôtels, les déplacements incessants, les profils exaspérant, les junkies, les déviants, les improbables.
Je n’aime pas les hommes, handicap certain pour embrasser une vie publique.

Il faut se rappeler des rares paroles de Charlie Watts, pour savoir de quoi il s’agit.
« Les pierres qui roulent, c’est 10% de musique et 90% d’attente »
Voila un mec qui a gagné sa vie, 50 ans durant, à taper sur des boites tout autour de la terre.
Formé aux beaux arts, il passera le reste de sa vie, il faut le savoir pour comprendre la détresse du musicien en tournée, à dessiner ses chambres d’hotel.
D’autre, moins artiste, boufferont des culs tarifés à longueur de tournée.

Donc, tout n’est pas rose, loin de là.
Le précipice guette à chaque note.
J’étais proie facile, et quelque part, sous une effluve de raisins trop verts, je trouve mon sort enviable.

Que risque-je encore ?
Le succès et les tournées mondiales ne sont plus mon probable.

2013, la rechute.
Studio, soudures et câblages, nouveau matos, mise à jour des interfaces et de mes restes.

2014, tout n’est pas reconquis, j’ai perdu mon jumeau compositeur qui ne m’aime plus.
Il était aussi la voix de Raxola.

Je me vois propulsé et forcé apprenti chanteur à 63 ans.
Le Zanini du Punk.
Ce en fera rire plus d’un.
Mais, le diction indique qu’avec prudence, il faut attendre le dernier.
Je serai celui là, croix de feu, croix de bois, si je mens, je vais au bar.

2014 donc, face à la table de mixs les pavillons à neufs, près des instruments et de l’électronique vibrante, je m’y mets.
Seul d’abord, basse, batterie, guitare et vocalise.
4 bras cassés, même si ce sont les mêmes, n’effacent pas l’indélébile réalité.

J’essaie en français, la voix ne passe pas, tout ce que j’écris me semble ridicule.
Ce sera donc en anglais, mais celui-ci est limité.
J’ai découvert Shake and Spears en Hollande et Palestine en 1966-69 ce n’est pas Oxford!
Pas grave, quand le succès viendra je ferai comme Dujardin, star du muet et des parodies de De Niro pour amuser au late night show.

Etape suivante, remplacement de mes membres tremblants, par du solide, du fondé.
Je suis bassiste à la rigueur absolue et simplicité imposée par peu de technique: une corde, un doigt, une note et si possible la bonne, invariablement émise à la frappe de la Bass Drum.
Je ne sais pas chanté en jouant de la basse.
On devra compliqué, j’ajoute deux cordes.

Se présentent donc aux auditions des prétendants au poste, nous sommes en France, dans le sud.
Ici le rock sent le thym et la lavande ..
La vie est douce, les envies aussi.
Enfants de la providence et de l’assistance, les Zycos Français ont un instrument commun, les Assedics.
L’intermittence du spectacles les ramollis dès le berceau.
Le rock dans ces conditions, c’est sarbacane contre arbalète, beaucoup d’air, peu de résultats.

Me vient alors l’idée qui me sauvera la mise.
Embaucher du jeune, du frais, du pur auxquels la nation nourricière ne s’est pas encore intéressé.
Par chance je me suis reproduis, avec bonheur sur le tard: Deux filles, un blonde, une brune.
Elles sont jeunes, côtoient ce monde ou sève et vigueur survit, même l’hiver.

Une d’entre elle m’indique Tom et Axel.
Un bassiste, 17 ans et un batteur 18 ans.

Le trio est formé
LLouis and TAx.

Fini les anciens blasés, les docteurs solfèges, les tontons râleurs, les retraités de la croche.
Avec mes TAx, j’ai vécu des répètes et des séances d’enregistrement que je ne pensais plus vivre un jour.
Nous avons repris le fil ou je l’avais laissé avec Yves en 1978.
Un trou de verre dans mon espace temps, un océan de Jouvence.

Bien sûr on est loin des standards que la discipline impose.
Ils n’ont pas rompu avec le frigo maternel.
Les amplis sont lourds et la misère ne les guettent pas encore.
Ce ne sont pas des squatters de Detroit ou des rencontres ferroviaires à Dartford.
Mais l’essentiel est bien là.
On verra leur résistance dans la tourmente.
Quatre-vingts pour cent disparaissent et comme ils ne sont que deux, les statistiques ne leurs sont pas souriantes.

2015
L’album est bouclé et masterisé par Peter au Dada Studio.
Il apportera la première aide extérieure à notre projet.
Une reprise des Kinks, quelques reprises de Raxola qui aideront mon ancien partenaire à survivre, et quelques compos.
Deux clips, artisanaux, sur base de rushs filmés sur portable.

2016
Nouvel album en chantier.
Les jeunes ont progressés et moi je résiste correctement.
On va s’entourer de pro, fini le bricolage.

2017
Mes TAxs lâchent prise et vont sur Paris ou ils espèrent caresser fortune.
Eef, dans un surprenant retour reprend la route et les chemins des studios.
Je ferai donc mon album 2017 seul, en bidouillant comme je peux …

Mix prévu en Juillet, sortie des titres en septembre …
A suivre.

 

 

Leave a Reply